Deux ans et demi que la France vit sous l'état d'urgence. Mais depuis, plusieurs lois ont absorbé nombre de ses dispositions, faisant entrer dans le droit commun des éléments «exceptionnels». Alors, à quoi sert encore l'état d'urgence ?
Ces trois dernières années, cinq lois antiterroristes ont été promulguées, retranscrivant certaines dispositions exceptionnelles de l'état d'urgence dans le droit commun. Au point que Dominique Noguères, membre de la direction de la Ligue des Droits de l'Homme (LDH) nous explique que la France dispose d'un «arsenal juridique impressionnant» en matière de lutte contre le terrorisme : «Nous sommes un des rares pays de l'Union européenne avec un législation aussi rude».
Pour autant, Emmanuel Macron l'a annoncé mercredi 24 mai : il veut prolonger l’état d’urgence jusqu’au 1er novembre et mettre sur pied une nouvelle loi antiterroriste pour renforcer la «sécurité face à la menace terroriste hors d’état d’urgence». Mais que reste-t-il de l’état d’urgence qui n'est toujours pas dans une loi ? Que reste-t-il à renforcer ?